Quels sont les avantages de l’alternance ?

Chaque année, l’alternance semble convaincre toujours plus d’étudiants et d’employeurs : à fin mars 2025, près de 650 000 contrats d’apprentissage étaient recensés dans l’enseignement supérieur,  un chiffre qui a quasiment doublé en cinq ans (source : Dares, Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques). Le succès du dispositif repose sur sa complémentarité et son pragmatisme : à côté de ses heures de cours théoriques, l’alternant goûte à la réalité du salariat et noue ses premiers contacts professionnels. Une formule qui, une fois le diplôme en poche, facilite généralement son insertion sur le marché du travail.

À l’Ircom, école supérieure de Humanités et du Management, deux formations sont proposées en alternance. La première conduit au Diplôme d’État d’Éducateur Spécialisé (DEES) et s’étale sur trois ans, dont cent semaines en situation professionnelle. La seconde prépare au Master Communication et Management, un diplôme de niveau Bac +5. Ce cursus de deux ans planifie, chaque mois, trois semaines en entreprise et une semaine de cours.

Qu’est-ce que l’alternance peut apporter ?

Entre une formation académique, très majoritairement axée sur la théorie, et une formation en alternance, beaucoup plus ouverte à la pratique, les contenus pédagogiques restent identiques et mènent à un diplôme de même valeur. Toutefois, une licence ou un Master obtenu après une période d’apprentissage est souvent perçu par les employeurs comme un gage de compétences et d’adaptabilité : les jeunes qui suivent ce type de parcours se confrontent en effet au terrain et découvrent le fonctionnement d’une entreprise.

Aux étudiants

L’alternance permet de décrocher un diplôme et d’acquérir, en même temps, une solide expérience professionnelle : ces deux atouts combinés sont souvent décisifs en sortie de formation, lorsqu’il faut se mettre en quête d’un premier emploi stable.

Dans le cadre de leur formation hybride, les alternants ont l’opportunité de tester en situation réelle ce qu’ils ont préalablement appris en cours : cette mise en perspective permet de dissocier la théorie de la pratique, d’en mesurer parfois les écarts et de prendre les initiatives qui s’imposent face à certains imprévus. Ce va-et-vient entre école et entreprise renforce la compréhension des enjeux, aiguise le sens critique, stimule la réflexion et la créativité. Il tord aussi certaines idées reçues sur le monde du travail.

Être alternant, c’est aussi devenir salarié sur une période assez longue, souvent deux ans. Les étudiants reçoivent une première rémunération, cotisent pour leur retraite et peuvent accéder à certaines aides spécifiques comme Mobili-Jeunes, pour financer leur logement. En parallèle, ils conservent les avantages liés au statut étudiant : il peut s’agir de tarifs réduits mis en place dans certains services municipaux, au Suaps (Service Universitaire des Activités Physiques et Sportives) ou dans le secteur de la restauration.

Rappelons que le coût de la formation (inscription et frais de scolarité) n’est pas à la charge des alternants. Ces dépenses sont couvertes par leur employeur à travers l’Opco (Opérateur de Compétences) dont il dépend. L’alternance permet donc de se former sans frais, et de se construire un début d’indépendance.

L’alternance est aussi – et surtout-  un excellent tremplin vers l’emploi. Selon une étude réalisée fin 2024 par l’institut d’Etudes COHDA pour le compte d’OPCO ATLAS, 80 % des anciens alternants sont en poste six mois après la fin de leur contrat. Deux ans plus tard, ce taux monte à 86 %, dont 64 % en CDI. La même enquête révèle un taux de réussite remarquable (92 % des apprentis obtiennent leur diplôme) et un niveau de satisfaction globale très élevé : l’expérience est notée 8,8/10 par les anciens alternants.

Aux entreprises

Les chiffres le prouvent : l’apprentissage répond aux besoins des entreprises. Les candidats concernés intéressent en effet les employeurs qui peinent à trouver des profils adéquats auprès des organismes d’emploi traditionnels, ou des cabinets de recrutement. Les écoles de l’enseignement supérieur qui pratiquent l’alternance, comme l’Ircom, font office de pépinières dans lesquelles les acteurs économiques en quête de talents, viennent puiser. Plus de la moitié des alternants (54%) prolongent d’ailleurs leur expérience dans leur entreprise d’accueil, une fois leur diplôme validé. Et près de 44 % deviennent cadres deux ans après leur formation (source : enquête COHDA/OPCO ATLAS).

Les étudiants en alternance s’intègrent facilement au monde professionnel. L’immense majorité d’entre eux sont des gens passionnés par leur discipline et beaucoup apportent un regard neuf : grâce à leurs cours, ils sont rompus aux fondamentaux et cherchent à faire leurs preuves dans l’espoir de décrocher un premier emploi stable.

Depuis le 24 février 2025, les entreprises de moins de 250 salariés qui signent un contrat d’apprentissage reçoivent une enveloppe de 5 000 euros, une aide qu’elles utilisent pour couvrir une partie du salaire de l’alternant (le dispositif reste en vigueur jusqu’en décembre 2025).

Étudiants de master management et communication. (c) Laure-Hélène Arnauld

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